Court métrage "So what !"

Court métrage "So what !" : Projet de coproduction franco-québécoise.

La nouvelle de Marc Casanova So what ! est ma quatrième réalisation de fiction, avec Tonio César, Pierre Santini, Carl Tremblay et Marc Casanova. Tournage prévu sur la province québécoise (Montréal, Trois Rivières et Québec) en hivers... Budjet estimatif : 15000€. Tournage : 6 jours. Format : pellicule NB. Durée : 11 minutes.

Synopsis : Un boxeur quadragénaire, devenu un voyou solitaire, s'occupe de ses vieux parents...

 

 

 

 

Photo : Studio Loïc

Note d'intention

So what ! est une poésie urbaine, sensible et violente. Un hiver sur la cité de Montréal que vient langoureusement réchauffer le blues d'un harmonica. Une dualité permanente traitée en noir et blanc, comme une peinture expressionniste. Celle d'un homme qui ne croit plus en rien, qui s'attache aux siens pour les soutenir dans la vieillesse. La boxe qu'il pratique depuis des années est sa façon à lui de s'évader, de se sentir vivant... Un combat solitaire face à l'incertitude de la vie. Et alors !

La solitude d'un "gaillard" qui se bat, au sens propre comme au sens figuré, pour assister les siens. La solitude d'un père, ancien docker, perdu dans ses souvenirs. La solitude du boxeur sur son sac de frappe. Et la violence des coups projetés. La violence qu'il administre aussi pour honorer ses "contrats". La violence intérieure qu'il s'afflige et qui le contraint au silence. Il n'y a semble-t-il aucune issue à cette histoire. Il faut être solide, c'est tout. C'est pitoyable, c'est pathétique. Et alors ! Les solos de l'harmonica pleurent pour lui.

Les mains de notre boxeur peuvent à la fois réconforter celles de sa mère que se meurtrir sur un sac de cuir. Il peut laver le corps de son père malade comme fracasser le visage d'un type. Sa conscience est intacte. Nul besoin de parler. Quand le père parle tout seul, nous ne le voyons jamais s'exprimer. Quand le boxeur prend un "contrat" auprès de l'homme mystère du bar, pas besoin d'échanger non plus, on va directement à l'essentiel. Même l'harmoniciste ne se dévoile qu'à travers son instrument. Au fond, la seule narration du film c'est l'harmonica. C'est le souffle de mon boxeur. Le bleus à l'harmonica amène la complainte du coeur et des tripes, comme les chants du Négro Spiritual.

Je crois dans l'universalité de cette histoire car on pourrait l'adapter à n'importe quelle époque, à n'importe quelle culture. So what ! mérite, à mon sens, un traitement esthétique brut; d'où mon choix pour le noir et blanc. C'est aussi une belle occasion, pour un jeune cinéaste comme moi, de travailler à l'essentiel; de ne pas trop en dire puisque tout est visuel et de ne pas trop en faire en terme de mouvements d'images puisque tout se valorise dans la complexité des rapports, dans les paradoxes même de cette existence.

Telle m'est apparue la nouvelle de Marc Casanova, chef machiniste pour le cinéma. J'ai plusieurs fois travaillé avec lui sur des tournages. Il sera l'homme mystère du bar. Grâce à lui, j'explore le terrain de l'adaptation cinématographique et j'ai à coeur de respecter sa narration qui ne montre qu'une seule fois le soleil. Car le temps du récit est enfermé dans la tête de notre boxeur. Même la belle cité de Montréal est enfermé dans la nuit. Les quais semblent endormis et notre boxeur courre dans l'obscurité...

Tonio César est d'origine espagnole. Il pratique la boxe depuis plus de trente ans. C'est un ami de longue date qui a également joué dans mes deux premiers courts métrages. Il me fait penser à Javier Bardem. Il a la force intérieure du personnage, celle qui marque le respect, avec les rides et les tatouages du vécu. Car notre boxeur n'est pas un homme simple, c'est un homme dur, compatissant pour les siens.

Pierre Santini a accepté de jouer le rôle du père. C'est encore une belle rencontre humaine et professionnelle. Nous avons travaillé ensemble sur un tournage, il est venu soutenir mon festival de courts métrages et, par la suite, nous sommes devenus amis. Il me fait confiance pour cette réalisation et je me sens soutenu, prêt à tout mettre en oeuvre pour la réussite de cette aventure cinématographique.

Enfin, si je peux parler de Carl Tremblay, harmoniciste montréalais de génie, c'est que j'ai eu la chance de le rencontrer et de le voir sur scène. Il m'est alors apparu comme une évidence qu'il apporterait à So What ! la dimension mélodieuse que mérite cette histoire. Lui qui a joué avec B.B. King, John Belushi, Joe Cocker... a été sensible au travail musicale que réclame la structure de ce scénario.

En fait, So what ! est une histoire courte qui en dit long sur la personnalité de ses protagonistes. Ce sera ma quatrième réalisation de fiction et, pour la première fois, j'ai dans les mains un film de dimension internationale puisque je n'ai pas de problème de dialogue, ni de labial. C'est la raison pour laquelle il faut trouver à ce court métrage un décor, une ambiance, une atmosphère atypique... Enfin, la perspective d'une collaboration franco-québécoise est pour moi riche d'échanges et de savoirs-faire. Un pas de plus dans mon parcours autodidacte.

F.E.G.

Personnages

 Tonio Cesar alias "le boxeur"

Né le 28 mars 1964 à Nantes, d'une famille andalouse de sept enfants. Il pratique la boxe depuis l'âge de 14 ans, dont dix années de gym, et fait une quarantaine de combats en amateur avec la B.N.C. (44). Il s'initie ensuite au Taekwondo, Karaté et Kung-fu pour ensuite devenir champion de France en saut à l'élastique, figure libre et imposée. En 90, il créer la structure Nantes Atlantique Technique Spectacle et couvre la sécurité sur les concerts et festivals du Grand Ouest (U2, Pink Flyod, J. Cleg, L. Kravitz, J. Hallyday...). En 92, il encadre la sécurité du film "A Cause d'elle" de Jean-Loup Hubert. Depuis 2001, il voyage à l'étranger (Afrique et Amérique Latine), traverse l'Atlantique en voilier, les déserts de Mauritanie et du Mali... Il tournera aussi dans mes courts métrages "Protocole 22" et "Les petites volontés de Francky".

 Pierre Santini alias "le père"

Né le 9 aout 1938 à Paris, de parents italiens. Papa, Pio Santini est artiste peintre, le Papé est directeur du Corrière Della Serra. Enfant de la balle, évoluant entre deux cultures, Pierre Santini obtient un prix de la Société Italienne des Auteurs, puis il devient en France Chevalier des Arts et des Lettres et Chevallier de l'Odre National du Mérite... Après avoir été président de l'ADAMI pendant quelques années, puis directeur du Théâtre des Boucles de la Marne, il dirige actuellement le Théâtre Mouffetard à Paris. Tout à la fois Cyrano, le Roy Lear, ou Andronicus dans le répertoire classique, il est aussi le Commissaire Massard des 5 dernières minutes, l'homme du Picardie, ou le Colonel Sacotte pour Laurent Jaoui. Il aura aussi tourné avec Réné Clément, Yves Boisset, Claude Lelouch, Claude Chabrol...

 

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