Danny Ferland, peintre autodidacte, né le 17 novembre 1975 à Québec.
Danny appartient à ces belles rencontres où la complicité naît et grandit tout naturellement, comme si on s'était toujours connus. En février 2008, je venais d'arriver à Québec et, déambulant dans le vieux Champlain enneigé, je me suis arrêté devant la boutique des 5 Nations. Danny y travaillait à mi-temps et nous avons d'emblée partagé cette passion commune pour la culture amérindienne. J'étais curieux de découvrir son pays et lui m'expliquait les codes de cette francophonie de l'Amérique du nord.
Quelques jours plus tard, c'est une autre passion qui nous rapprocha puisque je m'y adonne également, le dessin. Au vu de quelques-uns de ses travaux, je décidais donc de me faire "tirer le portrait" pour conserver une trace sur ce grand tournant de ma vie, à 6000 km de chez moi; pour faire peau neuve avec cette tronche de binoclard. Dans son petit appart, trois heures durant, j'observais ce jeune artiste dont je ne doutais plus du talent. Il scrutait les moindres détails de mon visage fatigué, s'exécutait à main levée sans un seul coup de gomme, sur des vieux airs de Pink Floyd. On ne s'est plus quittés durant ce premier séjour.
Je découvris aussi ses fresques murales travaillées en groupe, son Kung-fu qu'il pratique avec dextérité depuis l'âge de 5 ans, son humour, son bon esprit, et surtout le manque de "médiatisation" autour de son oeuvre picturale. Alors, avant de se quitter, sans même savoir si je reviendrai un jour à Québec, je lui ai offert un petit numérique pour qu'il puisse au moins archiver son travail, peut-être un jour se créer un site, se faire connaître, éventuellement exposer... Nous sommes restés en contact par email et j'apprenais alors que ce geste d'encouragement avait démultiplié sa volonté de travailler, qu'il s'était constitué un book et projetait de se diriger vers une école. J'avais donc eu raison de croire en lui.
Lors de mon deuxième voyage, en avril 2008, Danny m'annonça que "The Grand Central of Art" de New York l'avait retenu sur dossier, et si je fus surpris par la rapidité de son ascension, je trouvais légitime la réaction de cette belle institution. Nul doute que son talent ne devait pas rester dans l'ombre et c'était vraiment le moment de le soutenir. J'ai donc eu, une seconde fois, l'occasion de l'aider dans ses démarches pour valoriser son art en contribuant, avec sa famille, à son départ pour New York.
J'ai toujours eu l'âme d'un mécène et, dans mon propre parcours de cinéaste, je suis redevable de certains coups de pouce du destin en la personne d'un Paul Cornet, Alain Baggi, Yves Guérin... On n'avance jamais tout seul, il faut apprendre à reconnaître les signes porteurs et, bien sûr, apprendre à donner sans rien attendre en retour. Avec Danny, il y a eu une autre révélation déterminante, un autre signe pour sceller notre amitié : notre Foi en Dieu. Nous étions faits pour nous rencontrer.
Mon troisième voyage, en aout 2008, avait comme objectif la réalisation d'un documentaire sur la deuxième édition du Festival de Jazz de Québec. Un beau projet avec un autre "chum" du pays : Gino Sainte-Marie, le Président et le Directeur Général du festival. Mais, juste avant de me lancer dans cette nouvelle aventure, nous avons partagé avec Danny un séjour amérindien à Wemontaci au sein de la communauté Atikamekw, d'où je garderai le nom "Kawapitik iriniw" signifiant "l'homme qui voit"; ceci étant pour moi comme un clin d'oeil à ma vocation de cinéaste. Nous étions ensemble sur les festivités du plus grand pow-wow d'Amérique du nord parmi 250 danseurs, dans l'émerveillement de leurs traditions, leur belle philosophie, et s'associant aux prières universelles dans la tente de sudation. Pour nous deux, ce fut une transition importante la veille d'un nouveau challenge...
Effectivement, ce nouveau défi qui s'offrait à lui, à savoir son départ vers New York, m'a permis aussi de connaître sa famille et j'ai pu être présent, en compagnie de son père, lors de son envol vers cette nouvelle destination. Danny devenait ainsi cet autre petit frère qui allait compter dans mon coeur et dont voici ses mots pour se définir en qualité de peintre :
"...Je suis donc né sous le signe du scorpion, avec toute la complexité que cela comprend. Mon père m'a guidé vers le sentier martial dès ma plus tendre enfance. Mais, ma véritable pratique commença en 1988. Celui qui m'a initié à l'art martial chinois est Denis Shink, qui est et demeurera toujours l'un des maîtres que j'estime le plus. Avec lui, j'ai pratiqué le Wing Chun pendant des années. Je le rencontre toujours, plusieurs fois par an, pour échanger sur mon cheminement. Depuis 2000, je me concentre essentiellement sur le Tang Lang (style de la mante religieuse). Ma pratique martiale est mon passe temps favori.
Toutefois, ce qui occupe la plus grande place dans ma vie est le dessin et la peinture. Je suis né avec un crayon dans les mains... C'est ce que j'ai toujours fait. Je crois sincèrement que ma vision de vie est celle-ci : pousser mon talent au maximum et continuer de développer ma sensibilité afin de toucher au sublime. J'affectionne particulièrement l'art du portrait. Mes peintres favoris sont John Singer Sargent, Jules Bastien Lepage, Dagnan Bouveret, Emilie Friant, William Bouguereau, Velasquez, Rembrandt...
J'ai été autodidacte pratiquement toute ma vie, tâchant d'assimiler les beautés de la nature de façon personnelle et sensible. J'ai voyagé sur le vieux continent qu'est l'Europe pendant six mois afin de voir les chefs d'oeuvres des grands maîtres, le Louvre, le musée Ingres de Montauban, Florence et son David, Rome et sa Chapelle Sixtine, le Prado en Espagne... Ce fut une révélation ! J'ai appris à voir grâce à ces chefs d'oeuvres ancestraux. Toutefois, il me manquait toujours l'enseignement de ces diverses techniques et c'est en 2008 que j'entrepris un voyage aux Etats Unis, à New York plus précisément... Je suis de retour au Québec depuis peu et continu d'oeuvrer sans relâche..."
Que Dieu protége ce jeune artiste dont le talent est la représentation de sa toute puissance, pour peut qu'on se donne les moyens d'y croire...
Voir aussi l'album photos "Toiles D.Ferland".
Faire lent, c'est faire bien.
Commentaires (1)
1. Mario Genest 12/10/2010
je savais que lebenisterie n etait pas pour toi!je suis fiere de toi Dany!